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Comment mener une due diligence sur un projet touristique

Par Ronen Manoach · Publié sur le site: · Date du document source:

Comment mener une due diligence sur un projet touristique

Comment mener une due diligence sur un projet touristique ? Voici comment analyser le bien, le rendement, l'exploitation, les autorisations, les risques et la structure de l'opération avant de prendre une décision d'investissement.

Une promesse de rendement de 7 % à 8 % fait excellente impression sur le papier. La question est de savoir ce qui la soutient réellement. C'est exactement ici qu'intervient la question de savoir comment mener une due diligence sur un projet touristique - non comme un exercice théorique, mais comme un processus qui sépare un actif de rendement doté d'un véritable potentiel de valorisation d'une opération qui n'est belle que dans une présentation.

Dans les projets touristiques, il ne suffit pas de vérifier le titre de propriété, le prix au mètre carré ou de comparer des transactions. Il s'agit d'un actif qui dépend aussi de la demande touristique, du niveau d'exploitation, de la réglementation locale et de la capacité de la gestion à produire un revenu stable dans la durée. Une due diligence correcte doit donc combiner immobilier, finance, droit, exploitation et marché local.

Comment mener concrètement une due diligence sur un projet touristique

L'erreur la plus répandue chez les investisseurs consiste à se concentrer sur le bien lui-même et à faire l'impasse sur le système qui l'entoure. Dans un projet touristique, la valeur de l'actif ne découle pas seulement de l'emplacement ou du niveau de finition, mais de la question de savoir s'il est possible de l'exploiter en continu, de le commercialiser correctement, de l'entretenir à un standard adéquat et de maintenir un taux d'occupation rentable tout au long de l'année.

La due diligence doit commencer par la définition du type d'investissement. S'agit-il d'un hôtel en exploitation, d'appartements de vacances, d'un immeuble d'habitation géré, d'unités en copropriété hôtelière exploitées en location courte durée, ou d'un bien commercial touristique déjà générateur de revenus ? Chacun de ces modèles présente un profil de risque différent, une structure de charges différente et une sensibilité différente à la saisonnalité et à la réglementation.

Un investisseur en quête d'un revenu passif doit se demander dès le départ non seulement quel est le potentiel de revenus, mais qui exploite, qui encaisse, qui entretient, qui gère la vacance locative, et ce qui se passe pendant les mois creux. En l'absence de réponse claire à chacun de ces points, la due diligence n'est pas encore achevée.

L'analyse du marché - une demande réelle et pas seulement un récit commercial

La première étape consiste à comprendre le marché sur lequel le bien s'inscrit. Dans un projet touristique, la donnée critique n'est pas seulement que le nombre de touristes dans la ville augmente, mais qui vient exactement, à quels mois, avec quel budget, et pour combien de nuitées en moyenne. Une destination reposant uniquement sur le tourisme estival est très différente d'une destination bénéficiant d'une clientèle affaires, d'un tourisme domestique et d'une activité tout au long de l'année.

Il convient d'examiner les tendances du taux d'occupation, les niveaux de prix par nuitée, la durée moyenne de séjour, la nouvelle concurrence qui entre sur le marché et les infrastructures à venir telles qu'un aéroport, une promenade de bord de mer, un centre commercial ou un quartier de loisirs. Même la distance à pied de la plage ou du centre ne suffit pas. Dans un bien touristique, la micro-localisation pèse bien plus qu'on ne le pense généralement. La bonne rue peut soutenir un taux d'occupation élevé y compris dans une période difficile, tandis qu'une rue voisine mais moins porteuse peut entraîner une érosion des prix.

Il importe ici d'examiner également le côté de l'offre. Si des centaines de chambres nouvelles se construisent dans la zone, la prévision doit intégrer une pression future sur les prix. À l'inverse, si le stock de qualité est limité et que la demande est stable, cela peut soutenir à la fois les revenus courants et la valorisation.

Ne pas se contenter d'une seule prévision de revenus

Le propriétaire, le promoteur ou le commercialisateur présenteront en général un scénario optimiste. Un investisseur sérieux doit exiger trois scénarios : de base, prudent et agressif. L'écart entre eux doit refléter le taux d'occupation, l'ADR (prix moyen par nuitée), la saisonnalité, les frais de gestion, l'entretien, la commercialisation, la fiscalité et les réserves.

Si l'opération ne fonctionne que dans le scénario optimiste, c'est un signal d'alerte. Un bon actif doit rester acceptable même sous des hypothèses prudentes.

La vérification juridique - les droits comptent autant que la vue

L'étape suivante consiste en une vérification juridique complète des droits attachés au bien. Il faut s'assurer de l'identité du propriétaire inscrit, de l'existence éventuelle d'hypothèques, de saisies, d'inscriptions préventives, de droits de tiers, de restrictions d'usage, de contrats de gestion contraignants ou de restrictions à une revente future. D'un pays à l'autre, les modalités d'enregistrement et les documents exigés varient, et il n'est donc pas question de se fier à des déclarations générales.

Dans un projet touristique, la vérification de l'affectation du terrain et des autorisations d'usage revêt une importance particulière. Le fait qu'un bien ressemble à un appartement de vacances et fonctionne comme tel ne garantit pas qu'il soit légalement autorisé de l'exploiter ainsi. Sur certains marchés, la location courte durée est soumise à autorisation, à des restrictions municipales ou à des quotas. Il existe aussi des cas où un usage donné n'est permis que dans un immeuble bénéficiant d'un classement touristique déterminé.

Une bonne due diligence comprend également l'examen des contrats d'exploitation et de gestion. S'il existe déjà une société de gestion, il faut vérifier la durée de l'engagement, le mécanisme de sortie, les frais de gestion, la répartition des revenus, la responsabilité de l'entretien, les niveaux de service (SLA) et les conditions applicables en cas de performances faibles. Un contrat de gestion mal conçu peut effacer une part importante du rendement, même sur un excellent actif.

Les chiffres réels - ce qui reste après toutes les charges

L'une des grandes différences entre un appartement classique et un bien touristique tient à l'épaisseur de la couche de charges. Celui qui n'examine que le revenu brut n'obtient qu'une image très partielle. Il faut descendre jusqu'au résultat d'exploitation net et comprendre ce qui reste après le ménage, l'entretien, l'électricité, l'eau, l'internet, les commissions des plateformes, la commercialisation, la gestion, le mobilier consommable, les réparations, l'assurance, la taxe foncière, les autorisations et les impôts.

Il faut en outre examiner la qualité des états financiers. S'il s'agit d'un bien en exploitation, il faut exiger des données réelles de revenus et de charges, et non un simple pro forma. Il est souhaitable d'examiner au moins douze mois, et de préférence davantage, afin d'appréhender la saisonnalité réelle et non un mois fort soigneusement sélectionné. S'il s'agit d'un projet neuf, il faut vérifier sur la base de quels biens comparables la prévision a été établie et dans quelle mesure ils sont réellement similaires en termes de gestion, d'emplacement et de public cible.

Comment analyser le rendement d'un projet touristique

Le rendement n'est pas un chiffre unique. Il faut distinguer le rendement d'exploitation courant du potentiel de plus-value en capital. Certains biens conviennent à un investisseur en quête d'un flux de trésorerie stable dès le premier jour ; dans d'autres, l'essentiel de la valeur proviendra d'une amélioration de l'exploitation, d'un repositionnement de marque ou d'une hausse du marché.

C'est précisément à ce stade qu'il faut adapter l'opération au profil de l'investisseur. Celui qui recherche une certitude relative privilégiera le plus souvent un bien en exploitation, meublé, doté d'un modèle de gestion éprouvé. Celui qui accepte davantage de risque en échange d'un potentiel de hausse supérieur pourra examiner un bien présentant un déficit d'exploitation ou un axe de valorisation clairement identifié.

L'analyse de l'exploitation - qui gère le bien le lendemain de l'acquisition

Dans un projet touristique, l'exploitation n'est pas un poste secondaire. Elle est au cœur de l'opération. On peut acheter un excellent bien au bon emplacement, mais si le niveau d'entretien baisse, si les délais de réponse aux voyageurs s'allongent ou si la commercialisation est faible, les revenus s'éroderont rapidement.

Il faut donc vérifier quel est l'organisme gestionnaire, quelle est son expérience dans la zone, combien d'unités il exploite, sur quelles plateformes il travaille, à quoi ressemble le mécanisme de reporting à l'investisseur, comment s'effectue l'encaissement des revenus, et quel est le taux de charges effectif. Il importe également d'examiner le niveau d'ameublement, l'entretien courant, les stocks, l'usure prévisible et le budget de renouvellement périodique.

Les investisseurs internationaux recherchent en général un investissement qui n'exige pas d'implication quotidienne. Il est donc préférable de disposer d'un accompagnement reliant l'identification du bien, l'acquisition, l'enregistrement, la gestion, l'encaissement et la stratégie de sortie. Lorsque les mêmes acteurs conservent un contrôle opérationnel de bout en bout, les zones de friction susceptibles de rogner la rentabilité diminuent.

La structure de l'opération - pas seulement ce que l'on achète, mais comment on l'achète

Même une bonne opération peut le devenir moins si sa structure est problématique. Il faut comprendre si l'acquisition est directe, réalisée par l'intermédiaire d'une société, dans un cadre de détention conjointe ou via une SPV (société de projet), quels sont les droits de l'investisseur, comment les revenus sont répartis, qui prend les décisions substantielles, quels sont les coûts d'entrée et de sortie, et ce qui se passe en cas de revente future ou de refinancement.

C'est là qu'intervient également la question de l'alignement des intérêts. Lorsque l'acteur qui pilote l'opération engage des fonds propres significatifs dans le projet, le signal adressé à l'investisseur est plus positif. Cela n'annule pas le risque, mais cela réduit l'écart entre celui qui commercialise l'opération et celui qui en supportera les conséquences dans la durée.

Il importe aussi de vérifier la devise d'exploitation, les coûts de conversion, les risques de taux en cas de financement, et une éventuelle double imposition pour un investisseur étranger. Dans les projets internationaux, ce ne sont pas des détails techniques. Ils influent directement sur le rendement net.

Les signaux d'alerte qui doivent impérativement vous faire arrêter

S'il n'existe pas de titres de propriété en règle, si la prévision de revenus n'est pas étayée par des données, si le contrat de gestion est long et unilatéral, s'il n'y a pas de détail complet des charges, ou si les réponses à des questions élémentaires changent d'un entretien à l'autre, il faut s'arrêter. Dans un projet touristique, le flou finit presque toujours par coûter de l'argent.

Un rendement trop élevé doit lui aussi susciter une vérification supplémentaire. Tout rendement à deux chiffres n'est pas une opportunité. Il reflète parfois simplement un risque opérationnel, un emplacement faible, une réglementation instable ou une structure de charges qui n'a pas été présentée dans son intégralité.

À quoi ressemble une due diligence efficace pour un investisseur international

Un investisseur international n'a pas à devenir lui-même un expert local sur chaque marché. Il doit en revanche travailler avec un acteur capable de vérifier pour lui, de manière structurée, toutes les couches de l'opération : marché, bien, droit, exploitation, chiffres et structure d'investissement. C'est toute la différence entre une acquisition transfrontalière fondée sur la seule confiance et une décision fondée sur des données et sur la maîtrise.

Dans un modèle professionnel, la due diligence n'est pas une étape formelle avant la signature. C'est un mécanisme de filtrage. Elle examine si le bien correspond réellement à une stratégie de revenus, si le dispositif de gestion sait maintenir les performances dans la durée, et s'il existe un potentiel de valorisation sans s'appuyer sur des hypothèses excessives. C'est également l'approche que suivent des acteurs expérimentés tels qu'IIC lorsqu'ils examinent des opérations touristiques génératrices de revenus sur les marchés internationaux.

En définitive, une bonne due diligence n'a pas pour objet de tuer des opérations. Elle a pour objet de ne laisser subsister que celles qui résistent à l'épreuve des chiffres, à l'épreuve du terrain et à l'épreuve du temps. Et lorsqu'on investit dans le tourisme, ce n'est pas de la prudence excessive : c'est la bonne manière de préserver son capital et de le faire travailler.

Lire l'article original sur le site MyBatumi

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